Le développement durable dans le bâti ?!
Comment prendre en compte une contribution au développement durable ?
Si le concept de développement durable est pris dans son sens le plus immédiat, alors force est de reconnaître que toute action qui s’inscrit dans cette perspective se doit d’abord d’être économe des ressources mobilisées. Le bon emploi des moyens utilisés est en effet gage de « responsabilité » vis-à-vis des capacités de choix ultérieures.
Trois possibilités sont alors envisageables en graduant l’effort consenti pour les mettre en œuvre :
il est tout d’abord indispensable de « revisiter » les pratiques actuelles pour en améliorer le rendement, ce qui doit se traduire par une réduction des besoins et une réduction des impacts (c’est l’approche système) ; ensuite, il est possible de chercher à raisonner la pratique comme une phase d’un cycle plus large qui est celui de l’écologie (c’est l’approche bouclée) ; enfin, l’innovation technique doit permettre d’envisager non plus seulement un prélèvement de ressources mais aussi une contribution positive (c’est l’approche proactive).
Les bâtiments sont responsables d’une grande partie de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) servent à créer un meilleur environnement de travail, à quantifier l’impact des décisions commerciales actuelles et à guider les investissements futurs. L’adoption de pratiques durables est essentielle pour atténuer le changement climatique et préserver notre planète pour les générations futures. Les conversations autour du développement durable continueront à prendre de l’importance, non seulement dans le domaine des sinistres et de l’assurance des biens, mais aussi dans la plupart des secteurs d’activité.
La pratique de l’éco-conception s’inscrit dans un contexte de développement durable où la démarche d’élaboration d’un nouveau produit ou d’un service tente de prévenir et de réduire les impacts environnementaux engendrés tout au long de sa vie. D’un point de vue plus global, le design durable intègre, en plus des critères écologiques, des aspects sociaux et des principes d’équité intergénérationnels et interculturels. Des chercheurs du monde entier travaillent présentement à l’élaboration de nouveaux outils de conception intégrant ces aspects sociaux.
L’éco-conception correspond à la partie viable du développement durable, c’est à dire l’intersection entre les critères environnementaux et les critères économiques.
Au-delà des préoccupations quant à l’usage fonctionnel des bâtiments, à leur implantation, à leur intégration architecturale ou encore à leur solidité et à leur confort, l’intérêt grandissant pour les « bâtiments durables » renvoie à la nécessaire prise en considération de leur impact sur l’environnement et de leur durabilité. Dans une perspective de développement durable, il importe tout autant de considérer les besoins pour lesquels nos bâtiments sont conçus que de prévoir leur adaptabilité face à des besoins changeants, leur consommation de ressources (matériaux, eau, énergie, etc.) ou encore l’ensemble de leurs coûts directs et indirects. Aussi, l’adoption d’une loi-cadre 12-99 tenant lieu de charte nationale de l’environnement et du développement durable, qui favorise l’équilibre entre les dimensions environnementale, économique et sociale, avec pour objectifs l’amélioration du cadre de vie des citoyens, le renforcement de la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des activités économiques respectueuses de l’environnement. Dans la même vision, L’IMANOR en concertation avec le Ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville et l’AMEE lance un projet d’Eco construction relative à toute construction ou rénovation qui a été conçue dans le souci de maîtriser ses impacts environnementaux et d’assurer une performance énergétique optimale, en utilisant autant que possible les énergies renouvelables et les ressources naturelles et locales, permettant ainsi à ces constructions d’être labélisées par le sésame vert label Eco Construction. Ce guide a pour objectif d’informer, de manière générale, les acteurs territoriaux, entreprises et opérateurs publics ou privés sur l’ensemble des référentiels et normes adoptés dans le domaine de la construction durable au Maroc.
Les trois aspects fondamentaux
Selon la norme, le développement durable idéal doit couvrir parfaitement les trois « aspects » suivants : l’aspect environnemental, mettant en jeu les éléments susceptibles d’agir avec l’environnement, l’aspect social, faisant intervenir les interactions avec la société ou avec la qualité de vie et l’aspect économique, mettant en jeu les conditions économiques de l’opération.
Ces aspects sont inextricablement liés les uns aux autres et interdépendants, un équilibre dynamique (fragile ou durable) existant en entre eux. Il n’existe aucune hiérarchie particulière et la norme leur accorde la même importance. L’application du concept d’état de développement durable dans les bâtiments et autres constructions inclut l’interprétation et la prise en compte des trois principaux aspects — économique, environnemental et social — et ce dans le respect des exigences de performances techniques et fonctionnelles des constructions. L’interprétation et la prise en compte de ces aspects peut conduire à prendre en compte de multiples sujets de préoccupation tels que la valeur immobilière, l’héritage culturel, les ressources, la santé humaine et le confort, ainsi que l’infrastructure sociale.
Ainsi, des aspects particuliers liés au cycle de vie sont susceptibles d’interagir avec les impacts économiques, ce qui dépasse la durée de vie de la construction. Ils se rapportent aux coûts et aux bénéfices mesurant l’impact sur l’économie, et résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services utilisés. De ce fait les aspects économiques incluent des considérations relatives au cycle de vie permettant de mesurer les impacts économiques à long terme. En général la prise en compte des aspects économiques est étroitement liée aux sujets de préoccupation tels que « valeur immobilière » ou « ressources ». Selon la position et le point de vue des parties intéressées, l’attention peut se porter prioritairement sur différents aspects économiques, par exemple l’investissement, le flux de trésorerie, la valeur marchande, la rentabilité, l’héritage économique, etc.
D’un autre côté, des aspects particuliers liés au cycle de vie sont susceptibles d’interagir avec l’environnement. Ils se rapportent à l’utilisation actuelle des ressources terrestres ; ils tiennent compte des impacts sur la qualité et la quantité de ressources ainsi que sur les écosystèmes locaux, régionaux et mondiaux ; ils incluent une évaluation du cycle de vie pour évaluer l’impact sur l’environnement, résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services utilisés dans les travaux de construction ou dans l’utilisation de l’ouvrage de construction. Il peut être nécessaire, ou souhaitable d’inclure tout ce qui concerne l’héritage laissé par l’ouvrage de construction au-delà de sa vie utile. La prise en compte des aspects environnementaux est étroitement liée aux sujets de préoccupation « environnement » et « ressources ». Concernant toutes les phases du cycle de vie, la prise en compte des aspects environnementaux nécessite la description et l’évaluation de l’utilisation des ressources ainsi que des impacts sur l’environnement local et global, y compris les risques pour l’environnement.
Des aspects particuliers liés au cycle de vie sont susceptibles d’interagir avec la société ou avec la qualité de vie : ils se rapportent à l’éthique intergénérations (impact sur les générations futures) et reconnaissent la valeur intrinsèque des écosystèmes, des traditions et des cultures. Les impacts sur la société ou sur la qualité de vie, résultant totalement ou partiellement des activités, des produits ou des services utilisés dans les travaux de construction ou dans l’utilisation de l’ouvrage de construction, impliquent des effets sur la culture locale et sur le respect des droits de l’Homme et des besoins humains essentiels. Il convient qu’ils incluent tout héritage laissé par l’ouvrage de construction au-delà de sa vie utile. La considération des aspects sociaux est étroitement liée aux valeurs fondamentales telles que « qu’héritage culturel » ou « santé humaine et confort ». Dans la description et dans l’évaluation des ouvrages de construction, les aspects de santé et de confort sont pris en compte, aussi bien (le cas échéant) que la valeur socio-économique et culturelle du bien. Les aspects sociaux peuvent être liés à des individus (par exemple les utilisateurs du bâtiment) et/ou à des groupes d’individus (par exemple une entreprise locale). Ces différents aspects peuvent, par exemple, être pris en compte dans la description et l’évaluation (facultatives) du confort et de la santé humaine en accord avec l’évaluation de la performance environnementale des bâtiments.
La construction durable est-elle coûteuse ?
Un bâtiment génère divers types de coûts tout au long de son cycle de vie : le coût direct des matériaux et de la construction, les dépenses courantes (réparation et maintenance), le coût de la démolition, etc., ainsi que les coûts indirects liés à l’environnement (coûts de la pollution) et les coûts liés à l’utilisation (par exemple, l’eau, le gaz et l’électricité). La réduction des coûts sur le court terme ne permet pas toujours de réaliser des économies substantielles sur le long terme. Par exemple, l’investissement dans des mesures visant à améliorer le rendement énergétique permet de réaliser des économies sur le chauffage ; l’investissement initial est amorti au bout de 5 à 15 ans (durée de remboursement) et permettra de continuer à économiser chaque année tant que le bâtiment remplira ses fonctions. De fait, la construction d’un bâtiment durable est l’un des meilleurs investissements qu’il soit possible de faire à ce jour.
Du fait des nombreux défis que présente la construction durable, l’évaluation des bâtiments et les méthodes de construction peuvent s’avérer très complexes. C’est la raison pour laquelle des outils destinés à aider à mesurer et à évaluer les résultats obtenus dans ces bâtiments ont été mis au point.
Pour l’heure, d’après la carte du monde, l’intérêt dans les bâtiments écologiques durables ne cesse de croître dans le monde entier. Nombreuses sont les excellentes méthodes d’évaluation de l’environnement éprouvées qui sont actuellement encouragées par ISOVER ; citons notamment la LEED aux États-Unis, la BREEAM au Royaume-Uni, la HQE en France ou encore la CASBEE au Japon.
Parallèlement au développement de différentes méthodes d’évaluation sur le plan national, il apparaît nécessaire d’apporter une certaine cohérence entre toutes ces méthodes. Il est fondamental que les définitions et les critères d’évaluation soient communs à tous et que les mesures se fondent sur des arguments scientifiques sains, clairs et rigoureux.